Depuis, j'observe, j'étudie et j'essaie de faire de l'art, en laissant aux autres le soin de me définir, ou non, comme artiste. Chaque jour, je remets mon ouvrage sur le métier et, le moment venu, je laisse à chacun sa décision, ou son silence.
Je ne saurais dire si ma pratique artistique appartient à une catégorie précise ; je la trouve à la croisée de plusieurs chemins : impressionnisme, expressionnisme, abstraction, art brut, art singulier ? Ce que je peux dire, c'est que j'aime les travaux de Picasso, de Basquiat, de Dubuffet, entre autres.
Mon œuvre représente mon bonheur actuel, en opposition à mes souffrances adolescentes. Elle sera, momentanément, mon rêve idéal, jusqu'aux prémices d'une nouvelle réalisation — et ainsi de suite.
Il me sera donc difficile de me définir autrement que par des mots-clés : Exposition, Acryliques, Pastels, Encres, Argiles, Bois, Pierre, Installation, Collectif, Conception.
EXPOSITION
Ma première exposition d'envergure, au Vieux Bassin d'Allauch (150 m²), a accueilli 700 visiteurs. Au-delà de la présentation des œuvres, elle a pris une dimension pédagogique : un jeu de piste avec questionnaire a permis aux enfants scolarisés sur la commune de découvrir ma démarche artistique de façon progressive et ludique, faisant du public scolaire un acteur actif de cette exposition..
BOIS
Le bois flotté me permet d'apporter élégance, légèreté et mouvement à mes sculptures. J'en révèle des silhouettes qui n'attendaient qu'à émerger. Il me reconnecte à la nature, en laissant apparaître ses nœuds et ses fissures, et en valorisant des déchets naturels transformés en objets précieux. Ainsi je redonne vie à des fragments de bois abandonnés.
STYLO-BILLE
À la bibliothèque de l'Alcazar, à Marseille, je puise dans les revues culturelles la matière première de mon travail — un vocabulaire visuel que je détourne et recompose. Sur un cahier d'écolier, au bic, j'improvise des architectures humaines : des personnages imbriqués les uns dans les autres, empilés, enchevêtrés, jusqu'au fouillis. Aucun repentir possible — le geste est direct, le risque assumé fait partie du dessin. De deux outils seulement naît un récit.
ARGILE
En façonnant l'argile, je retrouve une sensation d'enfance ; la matière, malléable, me permet de créer des formes complexes. Travailler en trois dimensions libère mes émotions et m'habitue à la patience et à la sérénité. Mes travaux sont en général élaborés dans une pâte chamottée, cuite à 1200°, recouverte d'engobes, puis recuite une seconde fois pour en renforcer la solidité.
PASTELS
J'aime multiplier les médiums, et c'est souvent vers mes pastels que je me tourne pour sublimer la profondeur de mes travaux. Je travaille selon la technique du « gras sur maigre » : mes dessins prennent d'abord vie sous les pastels secs, avant d'être enrichis et approfondis par les pastels gras, ils apportent alors intensité et texture. Le travail de la lumière en renforce la matière.
ENCRES
Je prends plaisir à dessiner aussi, comme dans ce travail à l'encre de Chine. Réalisé sur papier de riz, il mesure 15 centimètres sur 20. Il est très représentatif de mon goût pour les couleurs affirmées, et traduit bien mon désir de rencontre avec chacun. Il est très récent, puisque je l'ai réalisé au printemps 2025.
STYLO-GEL
J'aime aussi dessiner au moyen de minuscules motifs réalisés au stylo à gel, pour élaborer un personnage énigmatique, qui demande à être observé sous plusieurs angles.
PIERRE
Le travail de la pierre m'interpelle également, et passionnément, à plus d'un titre. J'apprécie de voir l'objet se réaliser progressivement, selon l'inclinaison du couteau : ce travail, par exemple, mesure 24 centimètres sur 18, pour 10 d'épaisseur.
C'est un travail que j'aime particulièrement, car il est réalisé en pierre de la Couronne, quartier de Martigues, ville dont je suis originaire. J'aime récolter la pierre sur le terrain de mes grands-parents.
INSTALLATION
Dès que j'en ai eu l'occasion, j'ai profité de l'espace pour exprimer une vue plus globale de mes travaux, en réalisant une installation sur le thème de la liberté: une nuée d'oiseaux en origami enveloppant une interprétation de la statue de la liberté, qui se transformerait en agent de paix en Ukraine. L'installation était aussi sonore: dans une ambiance maritime, ponctuée de chants de mouettes, une bande-son diffusait une lecture de "Liberté, j'écris ton nom", de Paul Eluard.
COLLECTIF
J'ai créé, à deux reprises, un collectif d'artistes. D'abord le collectif d'art singulier Singl'Art, pour préparer une exposition dans une friche, construite à partir d'œuvres réalisées « à quatre mains ». Puis un autre collectif, pour réaliser des dessins aux pastels secs et gras sur le thème des contes pour enfants.
CONCEPTION
Dans le cadre de l'accueil des scolaires, aussi bien lors de mon exposition personnelle que lors d'expositions collectives, j'ai conçu un jeu de piste ainsi que plusieurs documents destinés à inciter les enfants à observer les œuvres exposées.














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